Quand juin s’installe, les tablées s’allongent, les fenêtres restent ouvertes et les odeurs de four se mêlent à celles du basilic. L’aubergine, elle, a parfois la mauvaise habitude de se faire oublier : jolie dans l’assiette, mais trop souvent molle, aqueuse, sans relief. Ici, elle change de rôle et devient carrément irrésistible. Des tranches rôties qui se dorent comme au soleil, une farce douce et parfumée, une tomate qui chante, puis un gratin qui crépite à la sortie du four. Le genre de plat qu’on pose au centre et qui disparaît vite, avec ce petit air de vacances dans le Sud, même un soir de semaine.
Pourquoi ces roulés d’aubergine vont enfin sauver les repas du « fade »
Tout se joue sur deux choses : une aubergine bien dorée et un assaisonnement qui assume ses parfums. Les tranches rôties concentrent le goût et donnent une texture fondante mais jamais spongieuse. Puis vient le roulage, qui enferme une farce crémeuse et des herbes sèches ou fraîches, comme un clin d’œil aux cuisines du littoral. Au final, le plat coche tout ce qu’on attend d’un gratin d’été : une sauce tomate bien relevée, un dessus gratiné qui gratte juste ce qu’il faut, et des bouchées qui se tiennent à la fourchette sans se déliter.
Les ingrédients
- 2 grosses aubergines (environ 800 g)
- 250 g de ricotta
- 1 gousse d’ail
- 2 cuillères à soupe de thym (frais ou séché)
- 500 g de coulis de tomate
- 120 g de fromage râpé (mozzarella râpée, emmental ou comté)
- 40 g de parmesan râpé (facultatif)
- 4 cuillères à soupe d’huile d’olive
- 1 cuillère à café de sel fin
- 1 demi-cuillère à café de poivre noir
- 1 pincée de piment d’Espelette (facultatif)
- 10 feuilles de basilic (facultatif)
Les étapes
Le secret se dévoile dès la première plaque : des aubergines en tranches rôties, puis roulées avec une farce ricotta, ail et thym, avant d’être nappées de tomate et gratinées. Le four se chauffe à 190 °C, chaleur traditionnelle. Les aubergines se lavent, puis se coupent en tranches dans la longueur, d’environ 5 mm d’épaisseur. Elles se posent sur une plaque, se badigeonnent d’huile d’olive, se salent et se poivrent, puis partent au four 18 à 22 minutes, en les retournant à mi-cuisson, jusqu’à obtenir des bords dorés et une chair souple.
Pendant ce temps, la ricotta se travaille à la cuillère avec l’ail finement râpé, le thym, un peu de sel et de poivre. La farce doit rester crémeuse mais bien assaisonnée. Une fois les tranches tiédies, une cuillère de ricotta se dépose sur l’extrémité la plus large, puis chaque tranche se roule sans serrer comme un cigarillo. Dans un plat à gratin, un fond de coulis de tomate s’étale, les roulés se rangent côte à côte, puis le reste de coulis se verse par-dessus. Le fromage râpé et, si envie, le parmesan, se répartissent pour un dessus bien gourmand.
Le plat retourne au four, toujours à 190 °C, pour 18 à 20 minutes, jusqu’à ce que la sauce bouillonne sur les côtés et que le dessus soit gratiné et légèrement croustillant. Pour servir, quelques feuilles de basilic se déchirent à la main à la sortie du four, et une pincée de piment d’Espelette réveille le tout. Dans l’assiette, ces roulés adorent une salade de roquette, des tomates bien mûres ou même un peu de semoule aux herbes. Côté verre, un rosé bien frais du Sud ou un rouge léger et fruité fait merveille, sans écraser la tomate.
Pour varier sans perdre l’esprit méditerranéen, la ricotta accepte très bien des pignons légèrement torréfiés ou un zeste de citron fin pour une note plus vive et plus fraîche. Le fromage du dessus peut aussi changer : mozzarella pour le filant, comté pour le caractère, ou un mélange des deux. Et quand l’aubergine est particulièrement belle en début d’été, un filet d’huile d’olive supplémentaire sur les tranches à la sortie du four renforce ce goût solaire et rond qui fait tout le charme du plat.
Ces roulés se dégustent brûlants, mais gardent aussi beaucoup de charme tièdes, quand la ricotta reste douce et que la tomate s’arrondit. Le lendemain, réchauffés doucement au four, ils retrouvent leur gratin et cette odeur de thym qui remplit la cuisine. Au fond, tout est là : l’aubergine enfin expressive, la tomate qui enveloppe, et le fromage qui dore. Et si la prochaine fournée jouait une autre carte du Sud, avec un peu d’origan, quelques olives ou une pointe d’anchois dans le coulis ?
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